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LE BAC, le lundi soir
24 Juin 2022

LE BAC, le lundi soir

Post by Femicriture

Une mère va chercher son fils à la fin de la première journée de composition.

“Je suis toujours en admiration devant la mobilisation des parents pendant les périodes d’examen. C’est formidable de voir combien ils sont conscients de l’enjeu que représentent les examens”. Murmure -t-elle.

Tous les parents de la ville s’étaient donnés rendez-vous devant le collège. Les abords immédiats de l’école saignaient à craquer. Impossible de se garer. Des voitures fermées, entrouvertes. Des motos abandonnées, occupées, garées. Des mères debout, adossées, assises. Des pères silencieux, trottinant à travers l’assemblée. Des frères, des sœurs, des amies, des proches … Tout ce monde attendait, le regard fixé sur le portail, l’esprit tourmenté de mille questions.

– Est-ce qu’ils se défendent bien là ? Une prière ravive l’espoir.

– « Seigneur éclaire-les » murmure une femme affalée sur un tronc d’arbre. « Fais ton miracle ». Des chapelets sont égrenés avec frénésie…

Le portail s’ouvre enfin. Un flot de jeunes remplit l’espace. Les parents dans un mouvement d’ensemble se portèrent à leur rencontre. Un terrible Go slow se forma. Aux interpellations se mêlèrent klaxons et cris, sollicitudes et insultes.

Ici un père happe une main, murmure quelques mots. Là c’est une mère qui sort de la cohue avec sa fille. Elle est menue, l’air fatigué, mais ses yeux pétillaient d’une excitation étrange. La mère passe sa main sous son coude et les deux se fondent dans la masse.

Les béninois ! C’est si bon d’être vos enfants !

Ces gaillards, l’instant de l’examen sont devenus les bébés qu’on couve, qu’on soigne avec excès, qu’on dorlote. Chez elle ses excessives attentions agacent.

Près d’elle un père s’excite : « faudrait pas qu’il m’échappe hein. Il peut bien passer sans que je ne le voie ». Il a raison le papa. Sa petite taille justifie bien cette inquiétude. Il monte sur sa moto, se hisse sur les pose-pieds de l’engin, fouille la masse mouvante un moment et me prend à témoin : « le voilà. Ils sont si habiles ».

– Fênou, Fenou, ici cria-t-il en agitant sa petite main dodue.

Le jeune homme, très grand de taille s’anima à la vue de son père, accourt en se frayant péniblement un chemin à travers la foule agitée, grimpa sur la moto…

 Chers parents de chez moi, que c’est bon d’être vos enfants !

A la fin pensez aux bulletins de vos trésors qui attendent d’être emportés, lus et analysés depuis février.

Fémicriture,

Passionnément lire!

Un commentaire

AKOHO Enantchè Donatien 25 juin 2022 at 7:06 - Reply

Que c’est si bon d’être votre lecture. Belle narration mêlée de passages descriptifs très émouvants.

Ida 26 juin 2022 at 1:31 - Reply

Magnifique ce récit des vécus du baccalauréat, avec une perspective narrative qui rend compte de différentes émotions ! J’aime 👍

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